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Impressionnante avec son anticlinal, ses kilomètres de murailles, ses demi-bastions, ses tenailles, ses guérites, ses courtines, ses tours ou ses demi-lunes… l’architecture de la Citadelle et son cadre naturel et paysager en font l’un des chefs d’oeuvre de Vauban.

2007, année Vauban

En 2007, la France célèbrera le tricentenaire de la mort de Vauban.

Besançon, associée à 13 autres villes dans le cadre d’un réseau Vauban est officiellement candidate pour une inscription la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette démarche, soutenue par la France, renforcera l’hommage national rendu à Vauban en 2007, année qui sera marquée à Besançon et en particulier à la Citadelle, par nombre de manifestations, expositions, colloques, spectacles autour de la valorisation de l’oeuvre de ce génie de la fortification.

La Citadelle de Besançon est en effet une remarquable illustration du génie de Vauban, dont les règles d’or étaient :

  • l’adaptation constante au terrain : Vauban module ses plans, cherchant à coller au réel, à ce dont il ne pouvait s’abstraire (reliefs du terrain, qualité des terres…)
  • l’amélioration du système de fortification : Vauban multiplie les enceintes de défense (mise en place d’une enceinte extérieure, dite de combat, et d’une enceinte intérieure, dite de sûreté)
  • la préoccupation constante de l’esthétique et l’expression de la magnificence du pouvoir royal : les parties d’ouvrages tournées vers l’ennemi sont somptueuses et Vauban met en scène d’amples perspectives.

Le regard de César

Lorsqu’il investit la cité en 58 avant Jésus-Christ, Jules César souligne déjà l’importance stratégique du site : « … le Doubs entoure presque la ville entière d’un cercle qu’on dirait tracé au compas » observe-t-il dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, « l’espace que la rivière laisse libre ne mesure pas plus de seize cents pieds, et une montagne élevée la ferme si complètement que la rivière en baigne la base des deux côtés. Un mur qui fait le tour de cette montagne la transforme en citadelle et la joint à la ville ».

De l’époque gallo-romaine à la fin du XVIe siècle, cette « montagne » ou plutôt cet anticlinal bordé par deux cluses empruntées par le Doubs, appelé Mont Coelius puis Mont Saint-Etienne, joue à la fois le rôle d’une fortification quasi-naturelle et d’un sanctuaire.

L ’oeuvre de Vauban

Renforcée sous le règne de l’empereur Charles Quint, auquel les Bisontins furent très attachés, la muraille garnie de tours du Mont Saint-Etienne sera transformée en véritable citadelle au cours de la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Vauban en réalise les plans à partir de mars 1668, au lendemain de la première conquête française de Besançon. En mai 1668, le traité d’Aix-la-Chapelle restitue la Franche-Comté aux Espagnols. Ceux-ci adoptent quasiment les plans de Vauban et continuent la construction de la Citadelle. Elle durera six ans jusqu’à ce que la guerre entre la France et l’Espagne reprenne. En 1674, l’armée française, commandée par Louis XIV en personne, conquiert une seconde fois la Franche-Comté. Vauban investit la ville et s’empare de « sa » Citadelle…

En 1678, le traité de Nimègue ratifie définitivement le rattachement de la Franche-Comté à la France. Louis XIV confie alors à Vauban la charge de faire de Besançon l’une des meilleures places fortes de l’Europe.

Vingt années lui seront nécessaires pour fortifier toute la ville et achever l’édification de sa Citadelle. Des sommes colossales y seront consacrées, à tel point que le roi, dit-on, demanda si les murailles n’étaient pas en or !

Le destin de la Citadelle

En 1814, « elle servit de redoutable position d’artillerie contre des Autrichiens assez peu entreprenants. Jamais l’ennemi ne tenta quelque chose de vraiment sérieux contre cette forteresse » (Colonel Robert Dutriez). En 1870, le Général Rolland n’eut pas de véritable siège à supporter à Besançon contre les Prussiens. Durant la première guerre mondiale, la Citadelle remplit une mission logistique à l’égard du camp retranché qui s’était développé autour d’elle.

En septembre 1944 enfin, des combats violents opposèrent pendant quelques heures les Américains aux Allemands qui étaient retranchés dans le Front de Secours.

Caserne, camp de prisonniers de guerre, prison et pénitentiaire militaire, lieu d’exécution de résistants, dépôt militaire : tels furent, près de 3 siècles durant, les différents usages de la Citadelle bisontine.

Devenue sans intérêt pour l’armée, elle est acquise en 1959 par la Ville de Besançon qui souhaite y aménager « un ensemble touristique » et un musée.

Cinq décennies plus tard, la Citadelle est devenue un haut-lieu de culture historique et scientifique et le premier site touristique franc-comtois avec plus de 270 000 visiteurs annuels.